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Ait ammar au coeur de l'histoire
   
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 Un paysage atypique!

AIT AMMAR AU COEUR DE L'ANTICLINORIUM KHOURIBGA-OULMES (AKO)

 

Depuis l’arrêt de la mine au milieu des années soixante, Ait Ammar, en tant que village fondé par les colons français à des fins commerciales, est entré dans l’anonymat le plus total. Si les chorfas Ouled Sidi Bou Amrane étaient respectés et connus des habitants du grand Zayane, Zäer, une partie de Chaouia et Tadla dont il faisaient partie jusqu’à la fin du dix neuvième siècle, ils l’étaient plus pour leur appartenance chérifienne que pour leur situation géographique. D’ailleurs leur installation à proximité de Sidi Lahcen, au dessus d’EL HACHIA, est contemporaine du règne de Hassan 1èr. Avant cette époque ils erraient entre Sidi Bouchta El haddad et Béni-Khlef, fraction de la circonscription de Khouribga. Comme le rappelle Charles DE FOUCAULD dans son livre, Reconnaissance au Maroc 1883-1884, (« Ici, ni sultan ni makhzen ; rien qu’Allah et Sidi Ben Daoud. » Ces paroles, que m’adressait un musulman à mon entrée à Bou el Djad, résument l’état de la ville : Sidi Ben Daoud y est seul maître et seigneur absolu. Son pouvoir est une autorité spirituelle qui devient, quand il lui plaît, une puissance temporelle, par le prix qu’attachent les tribus voisines à ses bénédictions. Page 52), la famille de Sidi Mohamed ECHARKI avait une grande influence dans la région et les chorfas Oulad Sidi Bou Amrane étaient basés à Jamât LEBRAKSA, à proximité des Zemmouris, avec lesquels ils avaient des  relations très tendues. Ils ont été contraints de quitter leur fief initial, permuter avec LEBRAKSA qui abandonnèrent à leur tour Sidi Bouchta EL HADDAD afin d’assurer une certaine tranquillité dans la région.

 

Si, au dix-neuvième siècle, un grand axe routier, reliant Marrakech à Rabat, passait à quelques mètres du cimetière de Sidi Lahcen, actuellement l’entrée vers Ait Ammar ne peut se faire, quand on est véhiculé, que par le côté nord-ouest de la commune.

En effet, le seul morceau de route goudronnée a été mis en place à l’époque coloniale. Long d’environ cinq kilomètres, il demeure le seul chemin qui permet aux véhicules motorisés, ordinaires, d’accéder au centre du village et, par là même, pouvoir longer l’école élémentaire, la mine et son bâtiment de remplissage de minerai de fer, communément appelé EL GARTAYA, vestige d’une époque d’abondance.

Toutefois pour les véhicules tout terrain, il existe de nombreuses pistes sinueuses et étroites dont les multiples crevasses, formées l’hiver par le ruissellement d’eau de pluie ou l’été par des orages dévastateurs, rendent toute excursion délicate.

 

Ce qui frappe le visiteur à Ait Ammar, en été comme en hiver, surtout dans la partie basse, celle qui est considérée comme le centre névralgique de la commune, est l’apparition d’une sorte de cuvette présentant un fond vallonneux, parfois montueux ou montagneux. Il s’étale à perte de vue en regardant vers l’est. Géologiquement, Ait Ammar est au cœur de l’anticlinorium Khouribga-Oulmès. Elle est au centre d’une succession de plis schisteux s’étalant sur une centaine de kilomètres ; eux même plissés lors de la formation de la chaîne hercynienne au carbonifère, il y a 450 millions d’années. Ait Ammar est au cœur de l’ordovicien supérieur, ère primaire, et fait partie de la grande chaîne montagneuse qui allait de la Russie jusqu’en écosse, et du massif Armoricain, Bretagne en France, jusqu’au  Maroc en passant par l’Espagne.

 

Cependant, le plus typique à Ait Ammar est cet aspect que donne le paysage à l’observateur. Tout parait comme s’il sagissait d’un grand lac qui s’est vidé de son eau, à travers les époques, et a laissé un fond sec et rocailleux.

Naturellement il n’en est rien de tout cela. La partie basse d’Ait Ammar ainsi que toute la partie surnommée LAHRACHE et qui englobe aussi bien ERRAKNA que LAARAYA à Smaâla et s’étend sur tout le domaine de Bir Baiz, était bien couverte de sédiments déposés au cours des différentes phases d’alternance de régressions et transgressions océaniques du mésozoïque (ère secondaire).

C’est lors de ces phases que l’argile d’EL HACHIA, la marne de Kahf Hmam, le marbre des Khtatbas et les phosphates d’Ouled Abdoune se sont déposés. Quant à Ait Ammar, la partie basse, à l’instar de la partie haute, EL GAADA, fut bien couverte par la sédimentation de l’ère secondaire. La limite entre le primaire et le secondaire est encore perceptible au sommet de quelques montagnes, tel que EL KARN LABIED, AIN EL BAIDA, DCHIRA ,  FEDDANE EL KARKOUR et partout ailleurs vers El HACHIA.

 

 

 En effet, des affleurements quartzitiques, riche en silicium, couvrent encore les sommets de ces montagnes. Cependant, la quasi-totalité de cette partie du secondaire, ère des dinosaures, a été balayée sous l’effritement des feuillets schisteux du cœur de l’anticlinorium. Le coupable est l’érosion, surtout fluviale. L’intense ruissellement survenu lors des glaciations de l’ère quaternaire a façonné le paysage. D’énormes blocs de conglomérat cataclysmique qu’on trouve par-ci

 

et par-là en se dirigeant en aval des cours d’eau vers Moulay Bouâzza, en passant par Sidi Abdennour, sont encore là pour témoigner de ce passé fortement érosif. Les nombreuses petites montagnes qui subsistent et qui forment par endroit un alignement géométrique impeccable sont en réalité les flancs des plis schisteux qui continuent de défier la nature. Le fer de la mine d’Ait Ammar n’est ni singulier ni isolé mais est présent dans la plupart des massifs schisteux de la région. Seule la concentration et la pureté varie ce qui rend son exploitation difficile.

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